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Rappels de génétique
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Au siècle dernier, un moine augustin
du nom de Gregor Mendel découvrit les lois de l'hérédité
en réalisant des croisements entre des petits pois
et en observant ce qui se passait au niveau de la descendance.
Il publia ses résultats en 1865 et
ceux-ci passèrent totalement inaperçus jusqu'au
début de notre siècle. Il faut préciser
quà l'époque de Mendel on ignorait tout des
chromosomes, de l'ADN, des gènes et du code génétique
!
Ces lois, les lois de Mendel, décrivent
la façon dont se transmettent les caractères
d'une génération à l'autre. A l'époque
Mendel avait conclu à l'existence d' " unités"
particulières définissant les caractères
observés et se transmettant à travers les
générations selon des lois précises.
Aujourd'hui nous employons un autre vocabulaire
mais les lois de Mendel restent encore valides dans la grande
majorité des cas.
Les caractères que l'on peut observer chez un individu,
la couleur de la robe d'un chat par exemple, sont déterminés
par les gènes. Les gènes sont portés
par les chromosomes situés dans le noyau de toutes
nos cellules.
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En simplifiant, on peut dire que chaque caractère est
déterminé par un gène. Chaque gène
est situé à un endroit bien précis d'un chromosome
donné, endroit que l'on appelle locus.
Les gènes existent le plus souvent sous plusieurs formes,
plusieurs versions en quelque sorte. Par exemple, chez les Abyssins,
le gène qui détermine la couleur de la robe peut
exister sous la forme lièvre ou sous la forme sorrel. Les Abyssins, ainsi que la plupart des animaux, y compris nous-mêmes,
possèdent un nombre pair de chromosomes.
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Dans chaque paire de chromosomes l'un provient
du père et l'autre de la mère.
En effet, nos cellules reproductrices, les
ovules et les spermatozoïdes, encore appelées
gamètes, ne renferment que la moitié des chromosomes,
un seul chromosome pour chaque paire, choisi au hasard,
et le stock double se reforme au moment de la fécondation,
au moment de la fusion des noyaux des deux gamètes.
Nos gamètes sont dits haploïdes
(ils ne renferment qu'un exemplaire de chaque chromosome)
alors que nous-mêmes sommes diploïdes (toutes
nos autres cellules possèdent chaque chromosome en
double).
Dans la figure le locus où se situe
le gène déterminant la couleur de la robe
est figuré par un trait jaune.
Le mâle est ici hétérozygote de couleur
lièvre. Son génotype est L/s.
La femelle est de couleur sorrel et est donc homozygote
s/s puisque s est récessif. Le mâle comme la
femelle transmettent la moitié de leur génome
au niveau des gamètes.
Dans cet exemple le spermatozoïde apporte
l'allèle L, mais aurait pu de façon équivalente
apporter l'allèle s.
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Revenons au gène. Par exemple celui de la couleur de la
robe des Abyssins.
Si l'on considère la paire de chromosomes sur lesquels
se trouve ce gène, un chromosome hérité du
père, et l'autre hérité de la mère,
on peut comprendre que l'on n'aura pas forcément deux fois
la même version du gène. Ces différentes versions d'un même gène à
un locus donné sont appelées des allèles.
Dans notre exemple, le chat aura pu hériter de son père
l'allèle qui donne la couleur lièvre (que nous appelons
L) et de sa mère l'allèle qui donne la couleur sorrel
(que nous appellerons s). Mais que va-t-il se passer dans ce cas ? Et bien nous aurons
un chat de couleur lièvre car dans ce cas l'allèle
L ne permet pas à l'allèle s de s'exprimer. On dit
que le caractère lièvre est dominant et que le caractère
sorrel est récessif.
Pour que la couleur de la robe puisse être sorrel il faudra
que l'allèle s soit porté par les deux chromosomes
à la fois. On dit que l'individu est homozygote pour ce gène. Par
contre la présence d'un seul allèle L sur l'un des
deux chromosomes entraînera une robe de couleur lièvre.
Dans notre exemple on dira que l'individu L/s est hétérozygote
pour ce gène. A plus forte raison un chat homozygote L/L
aura une couleur lièvre. Résumons nous : un chat lièvre pourra être
L/L ou L/s alors qu'un chat sorrel sera obligatoirement s/s. On
appelle phénotype la façon apparente dont vont s'exprimer
les gènes, et génotype la composition du génome.
On voit dans notre exemple qu'il y a deux phénotypes en
présence : la couleur lièvre et la couleur sorrel
et que le phénotype lièvre correspond à deux
génotypes possibles, L/L homozygote et L/s hétérozygote. On voit aussi que le phénotype sorrel nous permet de déduire
à coup sûr le génotype puisque c'est un caractère
récessif. Sachant tout cela, il est relativement facile de prévoir,
à partir du génotype des parents, le génotype
des
enfants.
Dans le cas d'un gène à deux allèles comme
celui de l'exemple que nous avons pris, il y aura 6 possibilités
de croisements :
- L/L x L/L
- L/L x L/s
- L/s x L/s
- L/L x s/s
- L/s x s/s
- s/s x s/s
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Une présentation en tableau permet de visualiser les proportions
des différents génotypes obtenus
dans la descendance. Prenons par exemple le cas du croisement de deux hétérozygotes,
L/s x L/s.
En pourcentages nous avons donc L/L = 25%, L/s = 50% et s/s =
25%.
En ce qui concerne les phénotypes, nous avons 3/4 de lièvres
et 1/4 de sorrel. Ce sont les proportions classiques observées
dans la transmission d'un gène à deux allèles
dont l'un est dominant et l'autre récessif. Quelques exemples sont présentés dans les figures
ci-dessous.
La figure de gauche est l'exemple du croisement d'un mâle
hétérozygote (donc lièvre) avec une femelle
sorrel (donc homozygote) : on obtient 50% de descendants lièvre
hétérozygotes et 50% de descendants sorrel homozygotes.
On dit que le parent lièvre est porteur du gène
sorrel.
On remarque que le fait d'avoir des descendants sorrel en croisant
un lièvre et un sorrel implique que le parent lièvre
est porteur de sorrel, au cas où on ne le savait pas. Du point de vue du phénotype des parents le croisement
de la figure de droite est identique à celui de la figure
de gauche. Par contre, comme les deux parents sont homozygotes,
leur descendance sera composée à 100% d'hétérozygotes,
c'est à dire de chats qui exprimeront la couleur lièvre
dans leur phénotype et qui seront porteurs du gène
sorrel. Le croisement décrit dans la figure du centre est celui
que Mendel obtenait en croisant entre eux les "hybrides de
première génération" : il commençait
par le cas de la figure de droite, des pois jaunes croisés
avec des pois verts, ce qui donnait, ô étonnement,
des pois tous jaunes. Il croisait alors entre eux ces petits pois
jaunes et obtenait, ô nouvel étonnement, 3/4 de pois
jaunes et 1/4 de pois verts. Vous avez bien sûr deviné
que la couleur jaune était dominante et la verte récessive
et que Mendel aurait pu aussi bien croiser des chats abyssins
si ceux-ci avaient existé à l'époque. Ce faisant, il aurait peut-être remarqué que certains
chats étaient atteints d'une maladie grave dont le mode
de transmission lui faisait penser à celui des caractères
de ses petits pois. 
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