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Symptômes
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Les symptômes de l'amyloïdose sont en fait ceux d'une
insuffisance rénale à partir du moment où
les lésions sont suffisamment importantes. Avant le développement
de l'insuffisance rénale, l'évolution de l'amyloïdose
rénale se fait sans symptôme. Le rein comme chacun sait est le principal organe d'élimination
des déchets du métabolisme. Parmi ces déchets,
il y a l'urée qui est un produit de la dégradation
des protéines : quand un carnivore absorbe de la viande,
il produit de l'urée après digestion de cette viande.
L'urée est produite par le foie. Le rein possède aussi d'autres fonctions. Par exemple
il secrète l'érythropoïétine, une hormone
qui stimule la fabrication de nouveaux globules rouges par l'organisme
(pour simplifier on l'appelle EPO, les cyclistes connaissent bien
et les journalistes peuvent appeler ça une drogue). Le rein intervient aussi dans la régulation de la soif
et de la tension artérielle.
Bref, tout ceci pour dire qu'une déficience de la fonction
rénale aboutit très vite à une catastrophe
pour l'organisme, avec notamment la montée en flèche
des déchets dans le sang, principalement l'urée
: c'est ce que l'on appelle la crise d'urée. Les symptômes cliniques qui motiveront une consultation
sont donc ceux de l'insuffisance rénale : anorexie, perte
de poids, vomissements avec éventuellement du sang, dépression,
polyurie et polydipsie, c'est à dire une augmentation du
volume des urines et une augmentation de la soif. L'examen clinique permettra éventuellement de déceler
par palpation une modification des reins qui peuvent présenter
une augmentation de taille ou bien apparaître petits et
bosselés selon le stade d'évolution de l'affection.
On pourra aussi noter des lésions buccales, de la gingivite
avec éventuellement des saignements pouvant être
une conséquence des dépôts d'amyloïde
à ce niveau, ou bien une conséquence de l'urémie
dans les stades avancés de l'insuffisance rénale.
En effet l'urémie peut entraîner la formation d'ulcères
tout au long du tractus digestif (bouche, estomac, etc.). Les examens de laboratoire montrent une élévation
de l'urémie et la créatininémie, une hyperphosphatémie,
de l'acidose métabolique, une hyperglycémie modérée
et une anémie arégénérative. Contrairement
à ce que l'on peut observer chez le chien, la concentration
en albumine sérique n'est pas diminuée ou faiblement
diminuée. On observe aussi une hyperglobulinémie. L'analyse d'urine révèle une protéinurie,
une cylindrurie, une légère hématurie et
une densité faible.
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Diagnostic
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A l'heure actuelle il n'existe pas de diagnostic de certitude
de l'amyloïdose rénale chez l'Abyssin d vivant
de l'animal.
C'est là une difficulté majeure rencontrée dans l'éradication
de cette maladie.
Le seul diagnostic qui puisse être établi est
un diagnostic de suspicion fondé sur la présence
d'une insuffisance rénale survenant chez un Abyssin
jeune, d'un âge situé entre un et dix ans, en
moyenne cinq ans.
La biopsie rénale n'est pas indiquée comme moyen
de diagnostic dans ce cas. En effet le prélèvement
de tissu rénal intéresse la périphérie
du rein, c'est à dire la corticale et nous avons vu
que dans le cas de l'Abyssin le dépôt d'amyloïde
a lieu essentiellement au niveau de la médullaire. La
biopsie rénale dans ce cas risque de donner un résultat
faussement négatif.
C'est pourquoi nous conseillons vivement aux propriétaires de chats
concernés de ne pas faire pratiquer cet examen inutilement traumatisant
pour un animal déjà par ailleurs souvent affaibli.
Le diagnostic de certitude est hélas fondé sur
l'examen histopathologique des reins post-mortem. Des techniques
de coloration permettent de révéler en microscopie
optique la présence des dépôts d'amyloïde
au niveau de la médullaire des reins.
C'est pourquoi il est capital de faire pratiquer l'autopsie
des chats Abyssins morts dans des conditions suspectes (insuffisance
rénale survenant chez un animal jeune) afin de pouvoir
tracer le gène au niveau des pedigrees. C'est le seul
moyen dont nous disposons à l'heure actuelle pour obtenir
des informations fiables et éviter les croisements à risque.
Dans un avenir que nous espérons proche, et grâce à la
mise en place d'un programme de recherche soutenu par le plus
grand nombre possible d'éleveurs et de personnes concernées à travers
le monde, l'espoir est représenté par la mise
au point d'un test génétique permettant de détecter
les chats portant le gène.
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Traitement
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Le traitement de l'amyloïdose rénale est essentiellement
un traitement symptomatique : celui de l'insuffisance
rénale.
Or dans le cas de l'insuffisance rénale consécutive à une
amyloïdose, il s'agit d'une thérapeutique de soutien à visée
palliative et non curative.
L'atteinte rénale est malheureusement irréversible et le traitement
a pour but d'améliorer le confort et la survie de l'animal. L'issue
est inéluctablement fatale à plus ou moins longue échéance.
Cependant, deux substances ont été étudiées
dans le traitement de l'amyloïdose : il s'agit du DMSO
(diméthylsulfoxyde) et de la colchicine.
Le DMSO est connu pour ses propriétés anti inflammatoires.
Il possède la propriété de dissoudre in
vitro les fibrilles d'amyloïde.
En fait son efficacité est controversée, notamment au niveau
de la résorption des dépôts d'amyloïde chez l'animal,
et son action positive serait essentiellement due à ses propriétés
antiinflammatoires.
La colchicine apparaît beaucoup plus intéressante.
Elle est utilisée chez l'homme dans le traitement de
le FMF (Fièvre Méditerranéenne Familiale)
avec de bons résultats.
Elle est également utilisée par des vétérinaires
américains chez le chien Shar Peï avec semble-t-il de bons résultats,
aucune étude d'envergure n'ayant été réalisée
dans ce domaine.
La colchicine agit en inhibant la secrétion de SAA par les hépatocytes.
Mais, car il y a un mais, la colchicine n'a pas d'action curative une fois
les troubles rénaux installés. Elle doit être utilisée
préventivement pour empêcher le développement de l'amyloïdose
rénale.
Chez l'homme, elle est prescrite aux sujets à risque
dès l'âge de deux à trois ans et ce durant
toute leur vie.
A notre connaissance, aucun essai clinique n'a été réalisé chez
le chat.

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