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Transmission
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1. Généralités
2. Mode de transmission
3. Discussion
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1. Généralités |
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L'amyloïdose rénale est une maladie génétique,
c'est à dire une maladie entraînée par un
gène défectueux dont l'origine vraisemblable est
une mutation.
Un gène muté se transmet aux descendants de l'individu
et s'il présente un avantage pour l'espèce, il pourra
par le jeu de la sélection naturelle être favorisé
et finalement être multiplié de façon importante. Dans le cas de l'élevage, que ce soit celui des animaux
de rente ou celui des animaux de compagnie, c'est l'éleveur
qui se substitue à la sélection naturelle et qui
va favoriser la multiplication des gènes qui présentent
un avantage.
Il suffit de penser à la diversité des races de
chien ou de chats pour s'en convaincre. Récemment, une macromutation spectaculaire a donné
naissance à une nouvelle race de chats : le Munchkin, dont
les pattes courtes façon Teckel sont determinées
par un gène dominant, ce qui est vraiment une aubaine pour
les éleveurs ! Le plus souvent les caractères qu'on cherche à
favoriser sont déterminés par des gènes récessifs
et il est nécessaire de pratiquer la consanguinité
à haute dose pour fixer ces caractères.
C'est le cas des races nues ou presque nues comme le Rex Devon
ou le Rex Cornish, par exemple.
Malheureusement, ce faisant on concentre également d'autres
gènes qui seraient probablement passés inaperçus
dans les conditions naturelles. C'est le cas de l'amyloïdose rénale chez l'abyssin.
Et du fait du mode d'évolution de la maladie et des difficultés
de son diagnostic, c'est une maladie qui a été trop
longtemps sous-estimée, voire délibérément
ignorée par des éleveurs peu compétents ou
peu scrupuleux. Et aujourd'hui le problème se pose de façon assez
dramatique étant donné le nombre de lignées
affectées.
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2. Mode de transmission |
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A l'heure actuelle on peut dire que le mode de transmission de
l'amyloïdose rénale chez le chat Abyssin est autosomal
récessif.
Autosomal voulant dire que le gène n'est pas porté
par un chromosome sexuel et récessif signifiant que le
gène doit être présent à l'état
homozygote pour s'exprimer.
Nous conseillons vivement au lecteur non familier de ces notions
de lire les rappels de génétique, qui ne sont que
les notions de base de la génétique mendélienne. En clair, si l'on désigne par A et a les deux allèles
(les deux versions) du gène en cause, A étant l'allèle
naturel n'entraînant par la maladie et a étant le
gène de l'amyloïdose rénale, les chats qui
meurent d'amyloïdose rénale sont nécessairement
homozygotes, leur génotype étant aa. Parmi les chats qui ne meurent pas d'amyloïdose rénale,
nous aurons soit des chats sains AA, soit des chats hétérozygotes
Aa, que nous appellerons des porteurs.
Le tableau ci-dessous résume ces notions.
| Génotype |
Phénotype |
Dénomination |
| AA |
Pas d'amyloïdose rénale |
Chat sain |
| Aa |
Chat porteur |
| aa |
Développera une amyloïdose rénale |
Chat homozygote |
Pour illustrer tout ceci, nous
présentons ci-dessous le pedigree de Vanguard's Reveler,
un abyssin célèbre mort d'amyloïdose rénale.
Ce pedigree a surtout pour intérêt de montrer que
son père, Jack Daniels, l'abyssin le plus célèbre
peut-être, un chat qui a vécu une belle et longue
vie de chat puisqu'il est mort récemment à l'âge
de 18 ans, après avoir sailli un très grand nombre
de femelles et produit un nombre encore plus grand de descendants,
était hélas un porteur sain. Son nom se retrouve dans pratiquement
toutes les lignées actuelles, en remontant quelque peu
les générations.
| Vanguard's Reveler |
Cinna's Jack Daniels |
Badfinger's Juicy Fruit of
Cinna |
Sunnerise's Beechnut of Badfinger |
| Badfinger's Bumblebee of Catknapp |
| Cinna's Hot Stuff |
Nepenthes Tquilla of Badfinger |
| Irish Hill's Meg of Cinna of Chandelle |
| Vanguard's Felicia |
Wil-O-Glen's Tyrone |
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| Weslyn Carlita of
Vanguard |
Nepenthes Dubonnet |
| Nepenthes Lalita of Weslyn |
Les noms figurant en rouge
sont ceux des chats morts d'amyloïdose rénale.
On voit que deux chats apparemment
sains comme Jack Daniels et Vanguard's Felicia peuvent donner
naissance à des chats qui vont développer une
amyloïdose rénale : ce sont des porteurs.
Les proportions statistiques données par la génétique
mendélienne dans le cas d'un croisement de deux hétérozygotes
indiquent 1/4, 1/2 et 1/4 : c'est à dire qu'un tel croisement
aboutit en théorie à 25% d'homozygotes.
Il est intéressant
de remarquer aussi que le grand-père de Jack Daniels
est mort d'amyloïdose, ce qui veut dire que le père
de Jack Daniels était obligatoirement porteur, et que,
en ne considérant que le gène transmis par son
père, Jack Daniels avait une chance sur deux d'être
porteur à son tour.
Finalement, on peut se rendre
compte assez facilement que le mariage de Jack Daniels avec
Vanguard's Felicia était un mariage à haut risque.
En effet croiser un chat porteur comme Vanguard's Felicia avec
un chat porteur à 50% comme Jack Daniels se traduit par
un pourcentage de 12,5% d'homozygotes dans la descendance (la
moitié de la proportion obtenue en croisant deux porteurs).
Bien sûr, il est plus
facile de faire ce genre de calculs après coup et en
ayant toutes ces informations. Un abyssin homozygote meurt en
moyenne à l'âge de cinq ans, mais cet âge
peut varier entre un et dix ans. Pour savoir que Felicia était
porteuse il fallait que sa mère soit morte et que l'on
ait diagnostiqué l'amyloïdose.
Cependant, à l'heure
actuelle, pour peu que tous les éleveurs concernés
par le problème, c'est à dire ceux qui ne veulent
plus que les chats meurent si jeunes, décident de mettre
un maximum d'informations en commun, il est possible d'évaluer
les risques et d'oeuvrer pour éviter de faire naître
des chats qui sont des morts en sursis, et à terme, de
réduire voire d'éliminer le gène des lignées.
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3. Discussion |
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En réalité, les choses ne sont pas si simples et
la question du mode de transmission est encore discutée.
En effet il semble que les proportions mendéliennes ne
soient pas respectées totalement. La proportion classique
1/4 1/2 1/4 des descendants de deux hétérozygotes
(deux porteurs sains) n'est pas complètement vérifiée
: au lieu d'obtenir 1/4 de chats homozygotes, la proportion observée
est inférieure, se situant plutôt entre 1/6 et 1/8. Ce qui laisse à penser que d'autres facteurs interviendraient
dans le développement de la maladie, des facteurs environnementaux
(stress d'élevage, pathologies intercurrentes, etc.) et
peut-être également des facteurs génétiques
tels que l'intervention d'un gène potentialisateur par
exemple. Signalons ici que la thèse d'une transmission autosomale
dominante à pénétrance incomplète
a parfois été évoquée.
Qu'est ce que cela signifie ? Que le gène, dominant, s'exprimerait
donc chez les hétérozygotes mais pas tout le temps.
C'est à dire qu'un animal simplement porteur pourrait cependant
développer une amyloïdose en fonction d'autres facteurs
qui restent encore à déterminer. A titre personnel, je n'ai connaissance d'aucune publication
ou communication en mesure d'étayer cette thèse,
c'est à dire d'apporter un commencement de preuve ou de
démonstration. Par contre, l'analyse des pedigrees fait
nettement ressortir le mécanisme de la transmission autosomale
récessive (je ne parle pas de l'analyse d'un ou deux pedigrees). D'ailleurs, il existe un moyen "simple" de vérifier
cette thèse, c'est d'étudier la descendance de deux
chats morts d'amyloïdose rénale.
En prenant l'hypothèse d'une transmission autosomale dominante
( chacun des parents est donc soit homozygote vis à vis
de l'amyloïdose, soit hétérozygote) on devrait
observer 6,25% de descendants qui ne possèdent pas le gène.
C'est à dire que dans l'hypothèse d'une pénétrance
incomplète, 6,25% doit représenter le pourcentage
minimal (on serait alors dans le cas d'une dominance complète)
de descendants vivants. En définitive, nous pensons que la transmission autosomale
récessive est l'hypothèse de travail à retenir
et ce pour plusieurs raisons : - tout d'abord c'est également le mode de transmission
qui prévaut dans les autres espèces concernées
: c'est le cas notamment de l'homme avec la FMF (Fièvre
Méditerranéenne Familiale) et le chat abyssin a
pu être proposé comme modèle pour cette amyloïdose
rénale humaine. - c'est également le mode de transmission de l'amyloïdose
rénale chez le chien Shar Peï.
Pourquoi faudrait-il que le mode de transmission soit différent
chez l'abyssin, alors que la séquence primaire des acides
aminés du précurseur de la substance amyloïde
présente de nombreuses zones communes entre les trois espèces
citées, montrant par là que les mêmes gènes
sont vraisemblablement en cause. - la dernière raison c'est que la transmission récessive
pure est l'hypothèse de travail qui implique pour les éleveurs
une sorte de principe de précaution puisque la réalité
est un peu moins noire que la théorie.
C'est de cette façon, en s'appuyant sur des bases rigoureuses
et non en se raccrochant à des faux semblants, qu'il est
possible de mener une action positive et construite contre l'amyloïdose. 
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